Diversité, Migrations & Compétences / Gestion stratégique de la Diversité

‘Pas les Flics, Pas les Noirs, Pas les Blancs’ (2002)

‘Pas les Flics, Pas les Noirs, Pas les Blancs’ (2002)

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Un film de Ursula Meier, cinéaste franco-suisse, coproduit par la Télévision Suisse Romande, la chaîne ARTE, Saga Productions et Ciné Manufacture. A remporté le premier prix du Festival International du Cinéma Documentaire Visions du Réel à Nyon et a été également primé aux 5èmes Rencontres Internationales du film documentaire à Montréal en 2002.

Par Irène Challand, Télévision Suisse Romande :

«Pas les flics, pas les noirs, pas les blancs» raconte la trajectoire étonnante d’Alain Devegney, un sous-brigadier de la gendarmerie genevoise. Cet expert en arts martiaux et ancien membre du parti d’extrême-droite Vigilance est l’auteur d’un projet de médiation totalement inédit entre la police et les communautés étrangères. A la veille de sa diffusion dans «La vie en face», ce film sera présenté en première mondiale à Nyon dans le cadre du festival Visions du Réel, le samedi 27 avril à 15 h 30. Le film est en compétition dans la section «Regards neufs».

A la suite d’une agression subie dans un pays africain, Alain Devegney, ancien militant d’extrême-droite, prend conscience de la nécessité du dialogue et de l’échange interculturels. Le film d’Ursula Meier brosse le portrait de cet homme au profil original et retrace la genèse et les balbutiements de ce projet novateur qui vise à modifier en profondeur les relations entre la police et les différentes communautés étrangères de Genève.

Dans sa naïveté et son enthousiasme de néophyte, Alain a la chance de rencontrer Sarah Khalfallah, spécialiste des relations interculturelles et fondatrice de l’association Mondial Contact. Séduite par la sincérité de l’idée et du personnage, Sarah devient collaboratrice du projet et surtout intermédiaire privilégié avec les communautés étrangères de la ville. Cette intervention d’une association issue de la société civile va ainsi permettre de dépasser les ambiguïtés inhérentes au face-à-face police-immigrés.

Leur très grande complicité, leur amitié, est partagée par Yves Delachaux, un agent qui a travaillé 9 ans aux Pâquis et qui donne aux apprentis gendarme des cours de sensibilisation aux «minorités ethniques».

Une nouvelle étape est franchie grâce à la rencontre avec Tity Dinkota, un leader charismatique de la communauté congolaise. Avec lui s’ouvre la phase expérimentale : en jouant le jeu, en acceptant de travailler sur un cas de médiation, Tity prend le risque de passer pour un «collabo», voire pour un indicateur de la police aux yeux des siens. Mais cette collaboration permet aussi à Alain, personnage chaleureux et truculent, presque méditerranéen, de donner la mesure de son talent de communicateur et de leader.

Puis, au fil des mois, au fil des rencontres et des entretiens, se constitue un cercle d’une quinzaine de médiatrices et médiateurs venus de différentes régions du monde.

Déroulant la trame d’une véritable enquête, le film rencontre ces hommes et ces femmes pour observer sans angélisme et sans préjugés les difficultés et la complexité du projet. Sans craindre non plus d’en montrer les limites et les contradictions, à travers les tensions et les incompréhensions. En traversant les différentes communautés, en témoignant à chaque fois et «à chaud » des tentatives de parole, de négociation et de réflexion, ce film plonge dans le coeur vivant de l’interculturel.